Lundi 21 avril 2008
Donc, depuis le 1er avril, mon contrat est celui d'une mécanicienne à mon boulot.
Mais pendant 1 semaine, j'ai du faire à la fois hôtesse et mécano, puisque personne pour me remplacer à l'accueil et personne derrière les machines pour les faire tourner rond...
J'ai fini par péter un câble : le 31 mars, lundi mais pas de jour de repos (on me l'a zappé pour me faire une mini-formation histoire de pouvoir me débrouiller comme je peux sur les machines), et en fin de semaine, le 6 avril, j'avais 45h de taff dans les pattes... Déjà sur les rotules, mais ce n'était que le début.
Lundi 7, toujours pas de repos pour les braves : on a trouvé ma remplaçante, il faut que je lui donne une formation sur mon poste, et que je fasse le nettoyage de la semaine de mon poste de mécano. J'en profite pour remettre en état une machine en panne : elle avait pedu une vis, que j'avais eu la bonne idée de ramasser et de mettre dans ma poche pendant mon "ménage" : suffisait de la remettre en place, de lui trouver un petit boulon (je l'ai pas retrouvé lui) et c'est reparti mon kiki.
Le jeudi 10, mon formateur arrive. Un vrai pro, 20 ans de métier sur ces machines, il vient de Bayonne et est d'une gentillessse incroyable.
Mais à partir du moment où il est là, il faut en profiter un maximum : je bosse de 9h le matin à 2h le matin, tous les jours, jusqu'à ce qu'il s'en aille. Ce qui signifie que le lundi 14, de nouveau mon jour de repos saute en l'air, après une semaine de 39h agrémentée de 33 heures supplémentaires.
Aves des nuits de maximum 5h de sommeil, je vous dis pas dans quel état je suis quand je quitte mon formateur le mercredi 16 au soir.
Parce qu'au milieu de tout ça, j'ai des collègues qui n'arrêtent pas de m'appeler pour la moindre broutille, je ne peux pas suivre les explications de mon formateur comme il faut, j'ai souvent le début ou la fin, rarement les deux. Et quand je passe vite fait me prendre un verre d'eau, vu que je suis la seule à faire face aux client derrière le comptoir (les collègues papotent entre eux, sont ailleurs en train de jouer... bref) c'est moi qui leur sert une bière, change une pointure, donne des renseignements sur les horaires, encaisse un paiement, avant de courir à nouveau derrière les machines.
Je pète les plombs, au sens propre comme au sens figuré. J'ai encore fait 29 heures supplémentaires cette semaine (et oui, vous comptez bien 29+39 = 68h de taff).
Surtout que samedi soir, c'était la cerise sur le gâteau, le pompon de la pomponnette, le top du top...
Je cours partout, de machine en machine, pour être sûre que je n'i rien oublié avant de réouvrir à la clientèle. Ca fonctionne pas mal du tout, 2 ou 3 bricoles au plus, qui n'empêchent pas les gens de s'amuser, mais que je note pour remettre ci ou ça en place et que ce soit nickel.
Et là, la cata : une personne est venue avec son propre matériel, et il a disparu.
Crenom, c'est pourtant pas le triangle des bermudes ici !!!
Je finis par tout démonter : même la cliente voit bien que je ne trouve son matériel nulle part.
Et puis à force de mettre mes yeux partout, je finis par voir ce qui cloche.
Les gens qui ont remonté après les travaux m'ont fait un vrai travail de cochon, et le gros tasseau qui doit guider de la machine jusqu'au client s'est arraché (bah oui, quand les vis dépassent en-dessous de tout juste 5 millimètres, ça peut pas encaisser des trucs de 8kg qui lui tombent que la tronche, c'est logique !) et le résultat, c'est que la moitié des trucs sont partis se balader sous le plancher.
Je prends une lampe torche dans mon sac à main (on a pas ça au boulot, c'est dire les conditions "système D" dans lesquelles je bosse) et je passe le tête dans tous les trous que je trouve pour chercher où tout ça a bien pu attrrir et se planquer.
Rien de rien, je ne trouve rien. Soeur Nannouch ne vois-tu rien venir ? Non, je ne vois que la poussière de bois par terre, de vieux cartons de clous vides, et des vis qui traînent partout...
Mon collègue (ouais, on a fini par me trouver mon deuxième mécano, heureuesment parce que si j'étais restée toute seule, je vous dis pas le merde dans laquelle on serait) arrive, je lui explique la situation, on décide de démonter une partie du plancher qui est juste à côté et voilà la Nannouch partie se glisser là-dessous avec sa petite lampe...
Spéléo pendant 1/4 d'heure pour ne rien trouver.
Je persiste auprès de mon collègue : pour moi, elles sortent tout au départ, c'est de ce côté là plutôt qu'il faut aller chercher, on est trop loin.
Le temps de faire le tour, de se trouver un accès, de le libérer, et je reprends ma spéléo...
1/4 d'heure, et là je trouve la belle bleue de la cliente, plus deux violettes qui nous appartiennent et plus loin une rose, qui est aussi à nous.
Je ne bouge pas, et hurle à mon collègue au-dessus de me passer un bâton pour pouvoir lui pousser tout ça jusqu'à lui : je suis coincée là où je suis, et mes bras sont bien trop courts pour les atteindre.
Encore 20 bonnes minutes pour réussir à faire sortir tout ce petit monde de là-dessous, et je meux moi ausi enfin sortir.
Je suis dans un état pitoyable. Mes vêtements noirs sont recouverts de poussière de bois, j'en ai plein les cheveux aussi, plein les yeux, plein le nez, plein la bouche, c'est une horreur.
Mais le sourire de la cliente, qui me dit "je crois que votre collègie, là, il se moque un peu de vous", et moi qui lui répond : "je savais bien que je finirai par la retrouver, je vous l'avais dit !" et bien ça m'a fait beaucoup de bien.
J'ai eu deux collègues pour me voir dans cet état, les autres gueulaient parce que j'avais pas fait ci ou ça, ils demandaient où j'étais et ce que je faisais : bah je faisais la sieste là-dessous, tiens ! Pffffffff...
Alors je me suis assise dans un coin, j'ai commencé par laisser un message sur le répondeur du monsieur qui a diligenté les travaux et les a payés pour lui dire ce que je pensais du travail de cochon des gens qui étaient venus (j'ai pris des photos pour qu'il voie un peu ce que ça donne). Et puis j'ai appelé mon homme pour qu'il m'amène "un gel douche et des fringues mettables siteplait mon coeur chéri d'amour" et je l'ai rassuré, j'avais bien besoin d'une douche (chance, on en a une au taff) mais j'étais toujours entière.
Et puis coup de fil aux supérieurs hiérarchiques pour conter mes exploits, la réaction des collègues (y'en a ça va, mais d'autres qui vous gueulent dessus, là y'a des limites, je me plie en 4 pour les clients, mais je suis pas le chien de ces gamins qu'on paye à papoter, à jouer et à bouffer le fond de commerce !) et le reste...
Bref, 3 lundis de zappés, donc 4 semaines d'affilée sans un seul jour de repos, avec des semaines de 39 heures et au total 68 heures de rab...
Je suis à peine l'ombre de moi-même.
J'ai encore perdu du poids : 53,4 kg me dit la balance depuis quelques jours, pourtant avec le formateur c'était restaurant midi et soir (frites, pizzas, salades géantes, desserts pleins de sucre et de crème, j'ai jamais laissé une seul miette dans aucune de mes assiettes).
Et puis j'ai mal partout.
Aux mains déjà, pleines de petites coupures, écorchures, griffures...
Aux bras et aux jambes, qui virent façon schtroumph (faut que je passe à la pharmacie acheter de l'hémoclar)
Pis j'ai des coubatures dans le dos, les bras, les cuisses, les mollets, les mains...
Bref, je sais, c'est le métier qui rentre.
Mais je suis trop contente d'être decant mon PC ce matin pour pouvoir vous retrouver
Mais pendant 1 semaine, j'ai du faire à la fois hôtesse et mécano, puisque personne pour me remplacer à l'accueil et personne derrière les machines pour les faire tourner rond...
J'ai fini par péter un câble : le 31 mars, lundi mais pas de jour de repos (on me l'a zappé pour me faire une mini-formation histoire de pouvoir me débrouiller comme je peux sur les machines), et en fin de semaine, le 6 avril, j'avais 45h de taff dans les pattes... Déjà sur les rotules, mais ce n'était que le début.
Lundi 7, toujours pas de repos pour les braves : on a trouvé ma remplaçante, il faut que je lui donne une formation sur mon poste, et que je fasse le nettoyage de la semaine de mon poste de mécano. J'en profite pour remettre en état une machine en panne : elle avait pedu une vis, que j'avais eu la bonne idée de ramasser et de mettre dans ma poche pendant mon "ménage" : suffisait de la remettre en place, de lui trouver un petit boulon (je l'ai pas retrouvé lui) et c'est reparti mon kiki.
Le jeudi 10, mon formateur arrive. Un vrai pro, 20 ans de métier sur ces machines, il vient de Bayonne et est d'une gentillessse incroyable.
Mais à partir du moment où il est là, il faut en profiter un maximum : je bosse de 9h le matin à 2h le matin, tous les jours, jusqu'à ce qu'il s'en aille. Ce qui signifie que le lundi 14, de nouveau mon jour de repos saute en l'air, après une semaine de 39h agrémentée de 33 heures supplémentaires.
Aves des nuits de maximum 5h de sommeil, je vous dis pas dans quel état je suis quand je quitte mon formateur le mercredi 16 au soir.
Parce qu'au milieu de tout ça, j'ai des collègues qui n'arrêtent pas de m'appeler pour la moindre broutille, je ne peux pas suivre les explications de mon formateur comme il faut, j'ai souvent le début ou la fin, rarement les deux. Et quand je passe vite fait me prendre un verre d'eau, vu que je suis la seule à faire face aux client derrière le comptoir (les collègues papotent entre eux, sont ailleurs en train de jouer... bref) c'est moi qui leur sert une bière, change une pointure, donne des renseignements sur les horaires, encaisse un paiement, avant de courir à nouveau derrière les machines.
Je pète les plombs, au sens propre comme au sens figuré. J'ai encore fait 29 heures supplémentaires cette semaine (et oui, vous comptez bien 29+39 = 68h de taff).
Surtout que samedi soir, c'était la cerise sur le gâteau, le pompon de la pomponnette, le top du top...
Je cours partout, de machine en machine, pour être sûre que je n'i rien oublié avant de réouvrir à la clientèle. Ca fonctionne pas mal du tout, 2 ou 3 bricoles au plus, qui n'empêchent pas les gens de s'amuser, mais que je note pour remettre ci ou ça en place et que ce soit nickel.
Et là, la cata : une personne est venue avec son propre matériel, et il a disparu.
Crenom, c'est pourtant pas le triangle des bermudes ici !!!
Je finis par tout démonter : même la cliente voit bien que je ne trouve son matériel nulle part.
Et puis à force de mettre mes yeux partout, je finis par voir ce qui cloche.
Les gens qui ont remonté après les travaux m'ont fait un vrai travail de cochon, et le gros tasseau qui doit guider de la machine jusqu'au client s'est arraché (bah oui, quand les vis dépassent en-dessous de tout juste 5 millimètres, ça peut pas encaisser des trucs de 8kg qui lui tombent que la tronche, c'est logique !) et le résultat, c'est que la moitié des trucs sont partis se balader sous le plancher.
Je prends une lampe torche dans mon sac à main (on a pas ça au boulot, c'est dire les conditions "système D" dans lesquelles je bosse) et je passe le tête dans tous les trous que je trouve pour chercher où tout ça a bien pu attrrir et se planquer.
Rien de rien, je ne trouve rien. Soeur Nannouch ne vois-tu rien venir ? Non, je ne vois que la poussière de bois par terre, de vieux cartons de clous vides, et des vis qui traînent partout...
Mon collègue (ouais, on a fini par me trouver mon deuxième mécano, heureuesment parce que si j'étais restée toute seule, je vous dis pas le merde dans laquelle on serait) arrive, je lui explique la situation, on décide de démonter une partie du plancher qui est juste à côté et voilà la Nannouch partie se glisser là-dessous avec sa petite lampe...
Spéléo pendant 1/4 d'heure pour ne rien trouver.
Je persiste auprès de mon collègue : pour moi, elles sortent tout au départ, c'est de ce côté là plutôt qu'il faut aller chercher, on est trop loin.
Le temps de faire le tour, de se trouver un accès, de le libérer, et je reprends ma spéléo...
1/4 d'heure, et là je trouve la belle bleue de la cliente, plus deux violettes qui nous appartiennent et plus loin une rose, qui est aussi à nous.
Je ne bouge pas, et hurle à mon collègue au-dessus de me passer un bâton pour pouvoir lui pousser tout ça jusqu'à lui : je suis coincée là où je suis, et mes bras sont bien trop courts pour les atteindre.
Encore 20 bonnes minutes pour réussir à faire sortir tout ce petit monde de là-dessous, et je meux moi ausi enfin sortir.
Je suis dans un état pitoyable. Mes vêtements noirs sont recouverts de poussière de bois, j'en ai plein les cheveux aussi, plein les yeux, plein le nez, plein la bouche, c'est une horreur.
Mais le sourire de la cliente, qui me dit "je crois que votre collègie, là, il se moque un peu de vous", et moi qui lui répond : "je savais bien que je finirai par la retrouver, je vous l'avais dit !" et bien ça m'a fait beaucoup de bien.
J'ai eu deux collègues pour me voir dans cet état, les autres gueulaient parce que j'avais pas fait ci ou ça, ils demandaient où j'étais et ce que je faisais : bah je faisais la sieste là-dessous, tiens ! Pffffffff...
Alors je me suis assise dans un coin, j'ai commencé par laisser un message sur le répondeur du monsieur qui a diligenté les travaux et les a payés pour lui dire ce que je pensais du travail de cochon des gens qui étaient venus (j'ai pris des photos pour qu'il voie un peu ce que ça donne). Et puis j'ai appelé mon homme pour qu'il m'amène "un gel douche et des fringues mettables siteplait mon coeur chéri d'amour" et je l'ai rassuré, j'avais bien besoin d'une douche (chance, on en a une au taff) mais j'étais toujours entière.
Et puis coup de fil aux supérieurs hiérarchiques pour conter mes exploits, la réaction des collègues (y'en a ça va, mais d'autres qui vous gueulent dessus, là y'a des limites, je me plie en 4 pour les clients, mais je suis pas le chien de ces gamins qu'on paye à papoter, à jouer et à bouffer le fond de commerce !) et le reste...
Bref, 3 lundis de zappés, donc 4 semaines d'affilée sans un seul jour de repos, avec des semaines de 39 heures et au total 68 heures de rab...
Je suis à peine l'ombre de moi-même.
J'ai encore perdu du poids : 53,4 kg me dit la balance depuis quelques jours, pourtant avec le formateur c'était restaurant midi et soir (frites, pizzas, salades géantes, desserts pleins de sucre et de crème, j'ai jamais laissé une seul miette dans aucune de mes assiettes).
Et puis j'ai mal partout.
Aux mains déjà, pleines de petites coupures, écorchures, griffures...
Aux bras et aux jambes, qui virent façon schtroumph (faut que je passe à la pharmacie acheter de l'hémoclar)
Pis j'ai des coubatures dans le dos, les bras, les cuisses, les mollets, les mains...
Bref, je sais, c'est le métier qui rentre.
Mais je suis trop contente d'être decant mon PC ce matin pour pouvoir vous retrouver
par Nannouch
publié dans :
Penser, c'est dire non
ajouter un commentaire commentaires (9) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (9) créer un trackback recommander

Vous dites ...?