Ce stage était géant !
J’ai adoré ! J’en remercie une énième fois mon voisin (oui, oui, celui qui habite dans l’appartement juste à côté du mien…) d’avoir accepté de jouer mon maître de stage durant des deux semaines.
Alors récapitulons…
Lundi 4 septembre :
Je commence tranquillement par rechercher des références et je regarde quelques plans architecturaux, histoire de voir de quels produits on se sert dans l’entreprise et comment on dessine les différents appareils sur leurs plans.
Mardi 5 septembre :
Le matin, je commence un travail qui va durer plusieurs jours, assez fastidieux… Lire les plans d’un immeuble de 60 appartements et tout répertorier : le nombre de T1, de T2, de T3 et de T4.
Dans chacun, le nombre de prises (16, 20, 32 ampères, tv, téléphone…) de radiateurs (en 500, 750, 1000, 1500 et 2000 watts) de lampes et d’appliques.
Et dans un beau tableau Excel je mets tout ça pour qu’il me fasse un joli total et qu’on puisse préparer la commande des appareillages pour ces futurs logements.
Entre deux, je suis mon maître de stage sur un dépannage en milieu industriel (bon alors je vous le dis, c’est une industrie qui fabrique du textile, c’est crade et ça pue ! Voilà, je me sens mieux…) où je retrouve mes bons vieux contacteurs : sur l’un la bobine reste désespérément collée, sur l’autre ce sont les contacts qui ont fondu et restent collés, sans compter la crasse qui s’insinue partout et qui empêche une autre de bien fonctionner. Démontage, nettoyage, remontage, et solution de fortune en attendant de commander et recevoir de nouveaux contacteurs pour changer tout ça.
Et puis l’après-midi, réunion de chantier, à 200 km de là… Entre ceux qui sont en retard, ceux qui devraient être déjà repartis… les plaquistes qui demandent du black aux électriciens si ils veulent pas avoir à chercher où sont leurs pots derrière les placos pour faire eux-même leurs trous quand tout sera fini… et le commis d’architecte qui a failli me faire mourir de rire (la tête de Depardieu et le style quand il joue Boudu, avec la même gentillesse agaçante et trop naïve… extraordinaire au milieu d’un chantier !)…
C’était un moment à ne manquer pour rien au monde !
Mercredi 6 septembre :
Je poursuis mes quantitatifs d’appartements, en y ajoutant des modifications, vu qu’à la réunion de chantier de la veille j’ai entendu 2-3 choses qui m’ont fait remarquer quelques erreurs sur les plans qui m’ont été fournis.
Et cette fois, pas d’interruptions : ambiance studieuse dans le bureau de mon côté, et toujours un peu survoltée du côté de mon voisin.
Jeudi 7 septembre :
Ayant les quantités, je vais chercher les références des appareillages pour mes logements : bouton poussoir, va-et-vient, interrupteurs simples, doubles, prises diverses, radiateurs… y’en a du bordel dans un immeuble quand on y réfléchit bien !
Et puis l’après-midi, autre réunion de chantier. Des appartements au pied de la mer… Il fait bon travailler ici, avec le bruits des vagues en fond sonore des marteaux, scies et autres instruments de torture pour les oreilles. Y’en a qui ont de la chance !
Je retrouve mon commis ‘’Boudu’’, toujours aussi décalé par rapport aux gars de chantier qui bossent là…
Vendredi 8 septembre :
Encore une réunion de chantier… mais pas loin cette fois. Et sans mon commis préféré. J’ai de la chance, on en est au début, y’a plein de choses à voir, et mon tuteur m’explique plein de trucs à chaque question que je pose… il est trop bien mon voisin !
Et puis l’après-midi, nous allons réparer les contacteurs moisis de notre super industrie textile. Dommage que je n’aie pas pu prendre de photo, mais le vieux contacteur qui avait 20 ans à côté du tout neuf d’aujourd’hui, ça valait le coup d’œil… un vrai choc générationnel en image.
Lundi 11 septembre :
Pas le temps de penser aux commémorations et de verser ma petite larme… Y’a du taff !
Le matin, je vais sur le chantier visité vendredi, et je file un petit (tout petit) coup de main aux électriciens qui bossent : pose des aimants sur les banches, puis des tubes avec leurs pots de banche (ou plutôt des pots de banche avec leurs tubes… c’est plus juste de le dire comme ça) et traçage sur les planches qui vont servir de coffrage au plancher/plafond des emplacements des éléments électriques.
Après-midi à finaliser mes quantitatifs et mes recherches de références pour mes logements. Y’a sans arrêt des modifications, et je me suis rendue compte avec Excel qu’un appartement n’avait pas été dessiné vu que j’en avait 59 sur 60… Nannouch à la recherche de l’appartement perdu !
Mardi 12 septembre :
Je passe ma journée sur le chantier, à poser des pieuvres, sur les dessins tracés la veille…
Dis comme ça, ça paraît pas. Mais il faut savoir que :
1- les planches sur lesquelles on a dessiné servant de coffrage à du béton, pour ne pas abîmer le béton en le décoffrant, on huile ces plaques… D’où le travail de pose de pieuvre sur une véritable patinoire. Ouaaaaiiiiiiiiisss.
2- le béton, pour être solide, il est armé on dit. Ce qui veut dire qu’on met des bouts de ferraille rouillée dedans partout dans tous les sens. Donc non seulement ça glisse, mais on peut pas poser les pieds n’importe où, y’a comme un gros grillage de merde (des carrées de 30 ou 40 cm de côté environ, fait avec des tiges de 6-8 mm de diamètre) qui plane entre 10 et 15 cm de la surface de la patinoire. Re-ouaaaiiiiiiiis.
3- cette journée là, il a fait chaud. Très chaud. Et vous avez beau marcher sur une patinoire, celle-ci n’est pas blanche… mais noire. Elle capte la chaleur et vous la recolle en pleine tronche. Et l’huile chauffe. En fin de journée, vous vous dites inévitablement : ‘’Tiens, ça sent la friture… ?’’ et vous manquez de vous étaler en même temps sur un bout de ferraille qui dépasse. 
Alors c’est du sport que de poser de la pieuvre.
Rien de compliqué dans l’absolu, mais les conditions sont pas idéales comme qui dirait. Et vous me croyez si vous voulez, mais je m’en suis très bien sortie.
Je suis pas tombée (comme l’apprenti), je ne me suis pas coupée (comme l’électricien en chef) et on a tellement bien bossé qu’à 16h on avait tout fini ! 
Mercredi 13 septembre :
Pour installer je ne sais où, mon tuteur/voisin a besoin de matériel…
Donc il me file le schéma de ce qu’il doit faire, et il me demande de lui trouver le matériel adéquat : quoi, quand, comment, où, je dois tout trouver et tout noter.
Une fois mes recherches effectuées, je ferais une jolie liste, que je faxerai à plusieurs fournisseurs pour des demandes de prix.
Sur ce coup, j’ai assuré grave. C’était pas rapide, ok (mais quelle idée aussi d’avoir 10 fournisseurs différents pour la même chose ! Comment je fais moi pour savoir que c’est chez lui et pas chez l’autre que vous avez vos p’tites habitudes, si vous vous amusez à garder tous les catalogues, hein ?) mais c’était super bien fait, et mes choix étaient très judicieux.
Jeudi 14 septembre :
On change d’activité : aujourd’hui je dois programmer 3 automates qui serviront à faire marcher une ventilation de chauffage.
Le temps de tout rentrer dans les machines, j’ai même fait un peu de rab… et j’ai pas vu le temps passer.
Vendredi 15 septembre :
Contrairement au vendredi d’avant où j’étais revenue l’après-midi (et fuck les 35h, mais qui est venu voir quels horaires j’avais fait ?
) là je ne resterais que le matin.
Je crée une documentation sur le fonctionnement des automates, je fige leur programmation sur un fichier Word (pour de futurs dépannages, ce sera bien pratique), et puis mon prof vient nous faire une petite visite.
Et là, que le monde est petit : mon prof, c’était le maître de stage du maître de stage de mon tuteur !
Il en a entendu parler pendant des années, de mon prof ! Et du coup, comme tout ce petit monde est sympathique et se connaît bien, on se retrouvera aux journées portes ouvertes organisées sur ma formation qui réunira notre classe, des professionnels comme mon tuteur et son ancien maître de stage, et des fournisseurs de matériel électrique.
Si c’est pas beau tout ça ! 
Et puis pour finir ce stage en beauté, j’ai été invitée à déjeuner. Lotte sauce armoricaine et gratin de poireaux, tiramisu. Simple, bon, efficace.
Et puis bah j’ai rendu le casque de chantier qu’on m’avait prêté et je suis rentrée.
Lundi, reprise des cours.
… pour oublier, j’ai fait un immense ménage dans l’appartement cet après-midi… mais c’est toujours pas ça.
Ils vont me manquer les plans, les gars de chantier, les références, mon Boudu, les pieuvres…
Heureusement, mon voisin reste mon voisin, il sera jamais bien loin !!! J’irai le voir et on reparlera de mes péripéties, ça me remontera le moral. 
Vous dites ...?