Vous avez tous remaqué que ce WE, je n'étais pas là.
Et il faut que je vous dise pourquoi.
J'aime par-dessus tout la franchise et l'honnêteté, et je me vois mal ne pas donner l'exemple.
Même si , comme on le disait encore il y a peu, on ne raconte pas toujours tout, et que ce genre de choses je pourrais le garder pour moi.
Mais je n'en ai pas envie.
Jeudi a été une journée où je n'ai pas fait beaucoup de choses, mais j'en étais épuisée... J'ai même oublié d'aller à mon rendez-vous pour mes pieds, moi qui l'attendait avec tant d'impatience ce
rendez-vous.
Avec mon homme, on s'est dit tant pis, j'appellerai le lendemain pour reprendre rendez-vous.
J'ai dormi comme un loir cette nuit là. 23h30 - 9h00. Nickel.
J'ouvre les yeux et je pense à tout ce que j'ai à faire :
- le coup de fil pour mes pieds
- de la lessive
- photocopier mes 3 dernier bulletins de salaire, faire un mot à la MGEN, poster le tout pour mes arrêts de travail
- faire des courses, y'a plus de sucre ni de jus de fruits, et certainement d'autres choses encore
- appeler le patron de mon homme pour savoir ce qu'il voudrait me proposer si je venais bosser dans une de ses boites
- écrire mes 2 bêtises que j'ai trouvées la veille dans l'après-midi en continuant de lire mon bouquin et en prenant des notes
Là, je viens à peine d'ouvrir les yeux, mais je suis déjà fatiguée... Rien que de penser à tout ça, je sais que je n'y arriverai pas.
Déjà, il faut que je me lève, déjeune, me lave et m'habille.
Ca me parait le bout du monde.
9h30, j'arrive à sortir du lit.
Punaise, ces pieds, toujours mal, pourquoi je suis debout ? J'en peux plus, merde !!
J'arrive devant le canapé et la table basse.
Mes anti-douleurs sont là : la boite précédente non finie qui ne faisait pas vriament effet, et la nouvelle boite, commencée la veille, qui ne fait pas plus d'effet, hein, faut bien le dire. Je
peste mentalement contre ces 2 boites, là, qui ne servent à rien.
Je vais me servir un grand verre de jus d'orange, je m'assois sur le canapé.
Il fait froid quand on n'est plus sous la couette. J'ai juste envie de retourner me coucher.
Et là, ça m'a paru facile.
Même pas besoin d'y penser, je l'ai fait méthodiquement, tranquillement.
30 comprimés de paracétamol (2 maximum par prise, 4heures entre chaque prise, ne pas dépasser 6 comprimés par jour) là d'un coup d'un seul, avec un grand verre de jus d'orange. Il restait 15 de
chaque à peu près, je ne les ai pas comptés, je me suis juste souvenu que les boites étaient à peine entamées donc grosso modo ça devait être ça.
Et puis je suis retournée me coucher. Parce que c'était la seule chose dont j'avais envie : retourner au chaud sous la couette et me reposer, j'étais fatiguée. Epuisée.
Je finissais 3 semaines d'arrêt maladie, et j'étais rincée. Bah oui.
J'ai fermé les yeux. Une heure après, le sommeil n'était toujours pas là. J'étais bien sous la couette, pourtant. Juste ce coeur qui cogne trop fort, trop vite. Il fait un boucan de tous les
diables, même mes acouphènes peuvent pas lutter, comment voulez-vous dormir dans ces conditions ?
J'appelle mon ancien directeur.
Je lui avais dit à un moment que je pensais à des bêtises comme celle-là, mais que je n'aurais jamais le courage, et que là ça avait été si facile.
Il m'enjoint à tout aller vomir.
Je ne sais pas faire ça, je suis incapable de me faire vomir, et puis je ne me sens pas capable, là de passer 10 minutes debout pour me faire un café salé comme il me l'explique. Faire un café ici
c'est tout une histoire, tout un art... je ne peux pas. Et puis ça fait bien une heure que j'ai avalé ça, je ne suis pas sûre que ça servirait à grand'chose.
Je suis épuisée, et en même temps je me sens assez bien. Si ce n'st ce coeur qui continue son ramdam : bon, tu te tais oui, je m'entends même plus penser, merde !
J'attends un peu pour retrouver quelques forces. Parler, c'est trop dur : j'envoie un sms à mon homme.
Il arrivera 5 minutes après (qu'il me dit, moi j'ai perdu la notion du temps).
J'ai tout remis sur ses épaules.
J'ai passé 24 heures aux urgences, avec une perfusion dans le bras, on l'a pris le pouls, la tesnsion et la température toutes les 2 heures, on m'a fait 3 prises de sang, et c'est tout.
On a laissé mon corps faire son travail.
Et il a vachement bien travaillé.
Je me suis retrouvée comme si j'étais sous anesthésie générale : je ne sentais plus mon pied, je ne sentais plus mon épaule (oui, elle aussi elle me fait mal depuis 1 mois), je ne sentais plus ma
gencive, là au fond à gauche, certainement la dent de sagesse en dessous qui voulait remuer un coup. je ne sens aucune des piqûres qu'on me fait, la perfusion ne me gêne absolument pas...
La seule différence, c'est que je ne dors pas. Le cerveau est bien éveillé à l'intérieur d'un corps qui dort. Impossible de marcher ou me tenir debout, ou même m'asseoir : mouvements un peu
désordonnés quand j'essaie d'en faire...
Et puis ça tourne. Comment voulez-vous réussir à ne pas tomber, même quand on vous tiens, si le monde tourne aussi vite et jamais dans le même sens ?
Je reste donc allongée dans u ncoin des urgences.
Mon homme passe me voir entre deux, il s'occupe de tous les papiers, il prévient son patron qu'aujourd'hui, de toutes façons il avait pas grand'chjose à faire au taff, alors il s'occupe de moi,
hein, y'a des priorités dans la vie.
Moi je suis toujours sous anesthésie.
Zen tant que personne vient m'emmerder pour le redemande pour la cnquantième fois comment je m'appelle et gnagnagna... Lis donc les notes de ton prédécesseur, andouille, il a tout noté lui
aussi.
Et puis ce qu'on dit sur les anesthésies, comme quoi il faut être à jeûn parce que l'estomac à tendance à vouloir vomir, bah c'est vrai.
Moi qui ne vomit jamais, entre 16h30 et 17h30 (à peu près, ils m'avaient laissé ma montre, mais je ne la regardais pas en permanence non plus) mon estomac s'est pour une fois révolté, et j'en ai
bien eu conscience.
Pas de bol, y'avait pas grand'chose dedans. Mon dernier vrai repas c'était la veille au soir...
Vomir avec le ventre vide y'a rien de pire.
Et puis ils ont décidé de me garder 24h, alors ils vont pas le faire dormir là, je vais deux étages plus haut : toujours les urgences, mais qu'on garde 24-48h : c'est plus calme, et ce sont de
vrais lits pour dormir, pas des brancards améliorés.
On me met dans une chaise à roulettes, zigzag dans les couloirs, ascenseur, re-zigzag, arrivée au lit... Punaisen j'ai trop mal au coeur : ça tourne de partout, mon estomac s'est redécroché, c'et
une horreur. J'ai gardé ma p'tite bassine, où est-ce qu'elle est ?
A peine posée sur le lit, je vide le vide de mon estomac : on dirait une espèce de gelée verte... génial.
Si j'ai besoin d'une autre bassine ?
Je dis oui.
En fait, j'en sais rien, mais au cas où, j'ai pas envie qu'on vienne m'emmerder à refaire tout mon lit. Je veux être tranquille, putain de bordel de merde.
Mon homme réapparait.
J'aime qu'il vienne me faire un bisou : je sens même pas qu'il pique avec sa barbe pas rasée depuis le début de la semaine, et puis lui au moins ilme pose pas trente-six mille questions. Il se
penche pour que je le prenne comme je peux dans mes bras, et je lui fais des bisous, je caresse ses mains : ça fait tout drôle de voir mes doigts le toucher et d'à peine avoir la sensation.
Mon coeur s'est calmé au fur et à mesure depuis le matin.
Je ne veux pas de leur repas : à l'hôpital, c'est franchement dégueu, et puis je ne sais pas si mon estomac s'est réarrimé ou pas puisque je ne sens toujours rien, et rien que l'idée de m'asseoir
me fatigue, alors couper des trucs et les porter à ma bouche, pfffffffffff : a y est, je suis déjà complètement vannée d'y avoir pensé.
La nuit, je l'aime comme le bon pain : non tranché.
Là c'est comme toujours : tension, pouls, température... Alors que, contrairement à ce que je pensais, je m'endors. Et je fais des rêves. Impossible de vous redire lesquels, je ne m'en souviens
plus, mais je me rappelle avoir rêvé.
Vers 5heures du matin, en tournant la tête sur l'oreiller, je me rend compte que les murs sont stables.
Bon, même si je sens pas grand'chose, je dois bien avoir envie de faire pipi quand même, la dernière fois que j'ai vu des toilettes, c'était il y a presque 24 heures.
Je me lève donc doucement, tranquillement.
A petits pas, appuyée sur le pied de la perfusion, tranquille, je vais jusqu'aux WC attenants à la chambre. Touit se passe bien. Je retourne jusqu'à mon lit de la même façon, et je replonge dans le
sommeil pour quelques temps.
Entre 7 et 8h, le soleil se lève : il fait gris, mais la lumière se met à entrer dans la chambre, la relève arrive, chacun prend sa douche, fait sa toilette, avale son petit déjeuner... J'y vais
tranquillement, je suis pas pressée : mais bon, en me relevant, de nouveau la douleur dans les pieds.
Envie de hurler que "fait chier", j'étais bien moi dans mon coccon. Avec la perf, pas de douche, se déshabiller, décrocher et raccrocher la poche, se laver... merde, l'épaule c'est pareil :
toujours mal quand je fais des mouvements vers le haut et vers l'arrière.
Mon homme arrive à 9h30. Il a du tomber du lit, je pensais qu'il n'arriverait qu'une heure plus tard, et encore...
Le médecin passe : bah, une dernière prise de sang, même si toutes les autres avaient été bonnes, hein, on sait jamais. Si tu veux mon gars, j'suis plus à un bleu près.
Sauf que là, je la sens l'aiguille, contrairement à celles de la veille !!
Punaise !!
Et puis mon homme et moi on attend.
Je dois recevoir la visite du psy, c'est obligatoire dans la procédure. Je me doute, y'a pas écrit andouille sur mon front.
Il aura fallu attendre jusqu'à 12h30. On s'emmerde grave dans un hôpital, j'vous jure. Faut vraiment être mal pour pas voir le temps passer, parce que dès qu'on est réveillé, c'est mortel comme
endroit.
Il faut aller jusqu'à son petit bureau.
Purée, j'suis pieds nus moi, c'est froid par terre et j'ai mal aux pieds, pis on sait jamais ce qui peut tomber et traîner, font chier quand même. En plus, je trimballe toujours ma perf, qui est
vide depuis plus d'une heure (comme la veille, il en a fallu 3 en une heure pour voir la poche de perf vide avant qu'il y ait une personne qui se décide à la changer) : c'est chiant tout ce
bordel.
Je rentre.
Déjà, j'aime pas sa tête à cette nana.
Bon, voyons ce qu'elle a à me dire :
- Je sus la psychiâtre diplômée de psychâtrie du service de psychiâtrie de l'hôpital... Mouais, si avec ça j'ai pas compris, c'est que je suis blonde... D'ailleurs vu ton air supérieur, tu me
prends pour une blonde... enfin non, une sous-merde serait plus exact.
- Vous savez ce que vous avez fait ? Vous en pensez quoi ?
- J'en pense rien, je commenceai à y penser d'ici quelques jours, avec un minimum de recul si ça vous dérange pas.
- Ouiiiiii... Je vais vous poser quelques questions.
- Allez-y... On va rigoler.
J'ai mélangé de la vérité avec des trucs énormes... J'ai vu s'allumer dans ses yeux le symbole de l'euro, et pour elle je voyais que sur mon front se mettait à clignoter le mot "cobaye".
- Bon, vous avez de la chance, il me reste un lit de libre dans mon service, vous serez avec des gens comme vous...
- Non. Je veux pourvoir manger correcteemnt, dormir correctement, et ça ce n'est possible que chez moi. Je veux pouvoir me reposer, prendre du recul, et c'est pas au milieu de tous vos zigues que
je vais y arriver. Moi, je rentre à ma maison, vote lit j'en veux pas.
Il a fallu quand même que je me répète plusieurs fois. Pour finir par entendre que c'était pas à moi de décider, et qu'on allait faire entrer mon homme (mais qu'elle savait pas que c'était mon
homme cette gourdasse, avec tous ses dipôôôômes de psychiââââtriiiiiiie).
Bah elle a pas été déçue du voyage.
Mon homme l'a envoyer bouler dans ses bouts de papier, elle a jamais rempli un papier de sortie avec décharge du patient aussi rapidement de sa vie.
C'est que moi je dis les choses encore trop calmement.
Lui, faut pas l'énerver, il part au quart de tour.
Donc à 13 heures on m'a rendu mes habits, je me suis habillé et je suis partie.
On m'a rien dit de plus, on m'a présenté aucune facture (je vais ercevoir ça au courrier dans pas lontemps à mon avis) ni donné aucun traitement. L'était drôlement vexée la madame.
Mais je suis rentrée à pied au bras de mon homme : il y avait plein de soleil dehors, l'air était doux, j'ai respiré à fond, on s'est fait un vrai petit déheuner tous les deux, et on a pasé le
reste du WE à parler et à se faire plaisir tous les deux en amoureux.
Dimanche soir, je suis allée au travail. Pas un mot, rien. Je pense qu'il n'y a qu'une personne au courant et elle n'a rien dit, c'est bien. Je me suis pas trop foulée, le dimanche soir, c'est
toujours calme.
Lundi, repos, je suis revenue par ici... Je suis allée voir dokkidoc, j'ai repris les pilules magiques et de quoi être sûre de bien dormir chaque soir (et en plus, double effet kisskool, ça devrait
agir sur la douleur de mes pieds si tout se passe bien, j'attends juste la fin de la semaine pour me dire si objectivement, ça le fait ou non).
Et ce soir, boulot. La train-train reprend, mais pas mal de choses ont changé.
J'ai joué, j'ai perdu, j'assume : à défaut de zapper tous les problèmes, il va bien falloir les résoudre.
Ce WE, j'ai été toucher le fond, pour pouvoir mettre un bon coup de semelle en bas et remonter.
Mais comme les plongeurs, faut pas remonter trop vite : je suis mes petites bulles, tranquillement. Elles dansent devant moi et me guident.
Voilà le pourquoi de ce nouveau meez depuis hier... il va rester un moment encore.
Bisous à tous.
Je ferme les commentaires sur cet article, c'est encore un peu trop chaud pour en discuter.
J'ai rendez-vous dans 15 jours avec dokkidoc pour le suivi des pilules magiques, je verrai avec lui pour entamer une discussion sur le sujet. Là, l'échange ne doit aller que dans un seul sens.
Juste de moi à vous, parce que je me devais, dans notre belle chaîne d'amitié, vous dire à vous aussi à quel point je me suis sentie mal ces derniers temps, même si je ne le montrais pas assez.
Je vous embrasse très fort.
Vous dites ...?